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Le Grand Narbonne rend hommage à Jean-Michel Meurice

Le 30 septembre 2022

Photo : Jean-Michel Meurice • © Jepi-dunkerque/Creative Commons

C’est avec émotion que Maître Didier Mouly, Président du Grand Narbonne, Emma Bellotti-Lascombes, Vice-Présidente du Grand Narbonne en charge de la politique et de l’action culturelles, et Jean-Louis Rio, Maire de Bages, ont appris le décès de Jean-Michel Meurice, peintre internationalement reconnu et cinéaste, qui avait noué des liens profonds avec notre territoire. Il avait notamment apporté une aide précieuse lors de la création de la Médiathèque pour la partie audiovisuelle, endossant une sorte de rôle de conseiller technique.
Il n’était pas natif de la région et pourtant, Jean-Michel Meurice partageait son temps entre Paris et Bages où il s’était installé depuis 1978. « J’avais trouvé l’endroit par hasard en rentrant de Font-Romeu. Pour éviter les bouchons de la Nationale à partir de Sigean, j’ai emprunté la route des étangs, entre Peyriac et Bages, une des plus belles routes de France. Longtemps ensuite, j’ai pensé que Bages était certainement devenu le Saint-Tropez du coin et que les prix de l’immobilier étaient inabordables. Et alors que j’étais en négociation pour l’achat d’une maison à Marseillan, Philippe Lamour me jette au cours d’un dîner parisien : « Marseillan c’est bien. Mais il y a mieux : Bages ». Nous avons cherché une maison dans le village. Elle nous y attendait, depuis huit ans, sans avoir trouvé acquéreur. Aujourd’hui, j’y passe les trois-quarts de l’année ».
Bages, une terre d’inspiration, une ambiance où il avait trouvé des conditions exceptionnelles pour peindre. Il évoquait « cet emboîtage de paysages variés très différents qu’il faudrait plusieurs pays à visiter pendant très longtemps pour retrouver à l’identique. Même autour de l’étang. Vous êtes en permanence entre l’Irlande, la Grèce, le sud de l’Espagne. Ce coin est un vrai miracle géologique. Resté très intact. Avec un sentiment de nature très protégée, qui n’a pas été mise sous cellophane.»
Ce territoire est à l’image de ses deux passions : la peinture et le cinéma documentaire. « (…) L’un solitaire, la peinture ; l’autre collectif, le documentaire d’investigation dont je me suis fait une spécialité, en particulier sur des sujets difficiles. » La Médiathèque du Grand Narbonne l’avait notamment accueilli dans le cadre de sa programmation culturelle. Il y avait alors présenté "Noire finance" en avant-première, aux côtés de Fabrizio Calvi et Paul Jorion. Il disait « ce qui m’a toujours intéressé, c’est de comprendre. La peinture ouvre une porte sur l’inconnu alors que le documentaire est une exploration de la réalité.»
Jean-Michel Meurice avait un attachement marqué pour notre territoire « à la fois spectaculaire et très simple. Qui n’est pas déclamatoire. (…) Sans compter ses nombreux bijoux : Fontfroide, l’ensemble historique de Narbonne. (...) Nous avons de la chance de vivre là », concluait-il.
Le peintre, artiste majeur du mouvement Supports/Surfaces, le réalisateur, et aussi celui qui a œuvré à la création d’une chaîne de télévision à vocation européenne, La Sept (aujourd’hui Arte) laisse un grand vide.
Son regard bleu perçant, son intelligence et son courage nous manquent déjà.